Critique d'un article de Science et Vie

24-01-2016 à 18:33:43
Critique d'un article de Science et vie du mois d'août 2015.
Titre de couverture :
Fantôme, voyance, sortie du corps...
Vous avez dit Bizarre ?
Le paranormal décrypté par la science

Mouais . Annonce prétentieuse ou mensongère. La science, connaissance exacte et raisonnée suivant sa définition d'origine est en réalité absente de l'article qui montre des observations obtenues par irm, et propose des hypothèses, tout en ayant parfois des conclusions qui n'en sont pas.

Avant propos :
Emilie Rauscher

Des études
bizarrement normales

Habituellem?ent, "paranormal" sonne plutôt comme? "surnaturel",
''fantastique?" que "sérieux scientifique"... Et pourtant, loin des
poncifs ésotériques, ces derniers mois, des publications
irréprochables, en médecine, en neurologie ou en psychologie clinique
ont fait parler d'elles. Coïncidence ? Non... Après enquête, le
mystère des "expériences exceptionnelles" change discrètement
de visage depuis une bonne dizaine d'années maintenant. "C'est
un domaine qui bouge .."me confirmera un chercheur. Il était
temps de révéler son principal artisan : notre cerveau !

Traduction : c'est votre récepteur radio qui fabrique la musique, si-si. Pendant que des chercheurs spécialisés dans le fonctionnement du cerveau pensent que la conscience pourrait ne pas s'y trouver, d'autres en sont encore à idolâtrer le dieu "Cerveau". Ils n'ont qu'à en faire fonctionner un isolé dans une machine, nous verrons bien...

S'il y a bien quelque chose d'intéressant, c'est que la recherche s'intéresse au domaine paranormal, mais s'il y a bien quelque chose qu'il ne faut pas faire, c'est prétendre y avoir tout compris avant d'avoir été capable de tenir tête aux meilleurs de ce domaine.

Introduction de l'article :
Fantômes, voyance, sortie du corps...
Vous avez dit bizarre ?
9 expériences paranormales décryptées par la science

Et bien non.
Lire dans les pensées, deviner le futur, se souvenir d'une vie antérieure...
Tout le monde reconnaît que ces expériences ne sont pas "normales".

Pas tout le monde.
Pourtant, comme l'atteste notre sondage exclusif, nombreux sont ceux qui en témoignent.
Et plus encore ceux qui y croient. Etonnant ? Pas pour les médecins et les psychologues qui se sont penchés sur ces sujets.
Car leurs travaux démontrent que ces phénomènes existent dans le cerveau de ceux qui les vivent !

C'est une bonne chose, mais de là à prétendre qu'ils n'existent que dans le cerveau, il y a un pas qu'il ne fallait pas franchir. Prétendre que le cerveau est la super machine -avec ses ratés- qui est responsable de tout ce que nous sommes est une erreur facile à démontrer pour qui accepte de ne pas ignorer les travaux qui ont été faits, et qui ont conduit des chercheurs à penser que la conscience n'est pas dans le cerveau.
Croire que le cerveau est à l'origine de tout ce que nous sommes, c'est revenir quelques siècles en arrière. Aujourd'hui, la recherche en est à étudier des cas de personnes au cerveau presque absent, merci de ne pas l'oublier.

Suite de l'introduction :
Au point que chacun d'eux ouvre une compréhension nouvelle de l'esprit humain.

A la lecture de l'article, ce n'est pas l'impression qui m'est donnée.
La preuve par neuf, avec un décryptage des phénomènes paranormaux les plus répandus.

Preuve de rien en fait.
Le paranormal ? De sympathiques histoires de fantômes et d'esprits frappeurs
qu'on se raconte la nuit de préférence. Un peu pour se faire peur. Un peu pour se moquer, aussi.
D'un côté, il y a cette fois où, de façon inexpliquée, on a su qu'il était arrivé quelque chose ; ou bien cette voix sortie de nulle part qui nous a un jour interpellé. Troublants souvenirs...
De l'autre, il y a ce cousin qui affirme avoir été enlevé par les extraterrestres, ou la voisine qui, elle, assure se rappeler sa vie passée à la cour de Pharaon... Ces deux-là, pour le coup, peinent à convaincre.
Mais reconnaissons-le : on a bien souvent envie d'y croire, à ces fascinants mystères qui défient le sens commun. Et en même temps... Comment s'y résoudre? Comment accepter ce qui paraît s'affranchir de toute explication rationnelle (lire l'encadré) ?

L'encadré :
Vous avez dit paranormal ?
Des "anomalies apparentes, existant hors de tout mécanisme explicatif actuellement connu" : voici comment la Parapsychological Association américaine définit le paranormal.
Et c'est vrai, pour expliquer de tels phénomènes en dehors de leur dimension subjective, il faut faire appel à des mécanismes exclus aujourd'hui par les physiciens et les biologistes.
La plupart (sorties du corps, télépathie...) demandent d'admettre que l'esprit, telle une onde quittant un émetteur pour être captée par un récepteur, puisse s'affranchir du substrat biologique qui le produit. Les fantômes impliqquent de doter l'eprit du pouvoir d'agir sur la matière et la lumière. Vies antérieures et précognition imposent que l'information voyage dans le temps. Autant de nécessités qui justifieraient de véritables révolutions scientifiques... Car en l'état des connaissances, l'esprit est incarné dans le cerveau, et n'a pas prise sur la matière, qui elle est incapable, comme l'information, de voyager dans le temps.

En l'état des connaissances, l'esprit n'est plus incarné par le cerveau que par des retardataires, nombreux il est vrai.
LE PARAN0RMAL EST BlEN VIVANT
Car il est loin le temps où l'homme, vivant des choses qu'il ne comprenait pas, faisait appel au surnaturel pour les expliquer. La physique et la biologie défrichant le réel toujours plus
avant, l'idée que notre époque rationaliste allait finir par chasser définitivement ces dérives obscurantistes s'est imposée. Haro sur I'irrationnel...
Sauf que, c'est bien connu, rien ne se passe jamais comme prévu. Au XXIe siècle encore, en France, le paranormal ne se laisse pas exorciser : d'après le sondage que nous avons
réalisé (voir ci-contre), plus du tiers de nos compatriotes croit à la réalité de la télépathie et des rêves prémonitoires; un peu plus de 40 % aux vies antérieures et aux fantômes...
Et il ne s'agit pas que d'y croire: un tiers des Français déclare avoir vécu au moins une expérience paranormale parmi les neuf décryptées dans ce dossier. Ils sont 10 % à avoir déjà ressenti
la présence d'un fantôme, 9 % à avoir des souvenirs d'une autre vie...
Pas de doute: le paranormal est bien vivant. Et c'est justement la persistance de cette "hérésie" ésotérique qui aiguise la curiosité de chercheurs de plus en plus nombreux.

Tant mieux.
Quitte à voir perdurer les phénomènes paranormaux dans le paysage, autant comprendre pourquoi ils continuent de s'arroger solides croyances et témoignages sidérants.
Loin de bataillons de Madame Irma en blouse blanche, ces perplexes experts partagent au départ un constat : les preuves matérielles du paranormal restent introuvables. Toutefois, à force
d'observaüons et de mesures scrupuleuses (champs électromagnétiques, température, pression, mouvements, enregistrements sonores, vidéos...), et avec I'aide d'illusionnistes chevronnés, le Canadien James Randi en tête, un dénominateur commun à tous les phénomènes paranormaux se dégage.
Et ce n'est pas une entorse révolutionnaire aux lois de la physique et de la biologie... mais l'étrange aptitude de notre cerveau à faire éprouver des "expériences exceptionnelles". Tout passe par lui, tout vient de lui.

Cela reste à démontrer, et de beaucoup.
Que se passe-t-il dans les lobes cérébraux de quelqu'un qui est persuadé de sortir de son corps? Y a-t-il un profil psychologique particulier chez qui se sent possédé par un esprit ? Qu'est-
ce qui peut créer cette impression troublante d'avoir "vécu" la mort ?
Des questions pragmatiques, que des équipes de scientifiques appréhendent sans parti pris, mobilisant le meilleur des neurosciences, de la psychologie, de la médecine et des statistiques, ainsi que les protocoles et équipements de la science "ordinaire" les plus modernes.

Comme d'autres églises l'ont fait avant eux, des personnes collent l'étiquette "science" où il y n'y en a pas. Ici, ce qui est appelé "science" est en fait la recherche.
"Ces expériences exceptionnelles sont devenues des objets d'études scientifiques constate Renaud Jardri, professeur en psychiatrie de I'enfant et de l'adolescent à la faculté de
médecine de Lille. Ce qui permet de toucher enfin leur realité." Les chercheurs apportent désormais aux phénomènes paranormaux des explications ancrées dans notre monde, issues d'une compréhension croissante des méandres de l'esprit.

A moins que ce ne soit une illusion de compréhension.
"Certaines anomalies, comme celles entourant la précognition, restent très débattues, mais pour ce qui est du déjà-vu, du rêve lucide, de I'enlèvement par des extraterrestres, de
la sortie de corps et de l'expérience de mort imminente, on pense pouvoir les ramener à des explications simples". détaille Renaud Evrard, psychologue clinicien (université de Lorraine).
Certaines de ces explications sont de "vieilles connaissances" des psychologues: la fragilité de la mémoire, la tendance du cerveau à donner un sens au moindre signe,
quitte à "tordre" la réalité, sa difficulté à appréhender les probabilités... D'autres sont d'authentiques découvertes : états cérébraux inconnus, régions cérébrales spécifiques
de la perception de soi dans les cas de sortie de corps ou d'apparition de fantômes {voir l'infographie)...

DES DONNÉES INEDITES SUR L'HOMME
Ainsi les chercheurs font-ils davantage qu'expliquer les phénomènes paranormaux : ils ouvrent de nouvelles pistes de compréhension de l'esprit humain... que seul le paranormal permettait d'entrevoir. "Ces travaux soulèvent beaucoup de questions, autour de la conscience notamment,souligne Renaud Jardri"
Et les découvertes affaiblissent de plus en plus la dichotomie entre le normal et le pathologique : entre les deux, c'est en réalité un continuum".
Thomas Rabeyron, maître de conférence en psychologie clinique à I'université de Nantes, abonde dans le même sens: "Situées à la frontière entre le connu et I'inconnu, entre le
pathologique et le non-pathologique, ces expériences ouvrent la voie à des découvertes originales. Leur étude nous en apprend énormément sur notre méconnaissance du cerveau, notre rapport au temps et à notre environnement. Rares sont les expériences exceptionnelles qui, au-delà de leur étrangeté, ne sont pas sources de nouvelles données sur l' expérience humaine de façon Plus large..."
Cette terra incognita nichée dans notre boite crânienne, un nombre croissant d'explorateurs, un peu partout dans le monde, veut la conquérir, "Rien qu'au Royaume-Uni, une dizaine de départements universitaires possèdent des unités de recherche et d'enseignement sur la 'psychologie anomalistique'", pointe Renaud Evrard, qui regrette dans le même temps la mauvaise image entachant encore souvent la discipline.
"En France, en raison de la méconnaissance des études menées, il reste une confusion ente la parapsychologie de magazine télé, les pseudo-sciences et les travaux universitaires sur ces sujets, soupire Thomas Rabeyron. Pourtant, Plusieurs domaines associés à tort au 'paranormal commencent à être intégrés à la recherche 'académique': des travaux sur les sorties de corps, les expériences de mort imminente... Ces voies de recherche deviennent moins controversées parce qu'elles sont mieux comprises. " Longtemps honnies, elles sont en train d'acquérir leurs lettres de noblesse universitaire.
Grâce au patient travail de chercheurs obstinés, le paranormal se débarrasse peu à peu de ses oripeaux surnaturels. Dans les pages suivantes, découvrez neuf phénomènes extraordinaires emblématiques sous un jour... bizarrement normal !

Ce n'est pas ce que j'ai lu.
Sentir la présence d'un fantôme
Une sensation créée de toutes pièces par les lobes
pariétaux et temporaux

Ah, oui ?
Et quand un médium décrit un défunt reconnu par les habitants, cela s'inscrit où dans le cerveau ?
Et pourquoi ces sensations cessent après le passage d'âmes ?
Où vivent les fantômes? Ceux qui en ont déjà vu évoquent vieilles maisons, greniers oubliés ou cimetières...

Sur le forum, c'est aussi dans les maisons neuves, dans la rue, etc...
Mais ceux qui ont étudié scientifiquement la question regardent plutôt dans le cerveau, à la jonction des lobes pariétaux (au sommet du crâne) et temporaux (au niveau des tempes). C'est Ià, dans cette région qui intègre les informations provenant de nos sens et qui contribue à la conscience de notre propre corps, qu'un chercheur de l'Ecole polytechnique de Lausanne a pour la première
fois, en 2000, débusqué les fantômes. En appliquant dans cette zone cérébrale de petits courants électriques, Olaf Blanke, du Laboratoire de neurosciences cognitives, a fait surgir chez
sa patiente (souffrant d'épilepsie) le sentiment qu'une autre personne était présente dans la pièce.

Confondre sensation de présence, et présence, c'est effectivement très scientifique.
L'expérience a été complétée l'an dernier à l'aide d'un bras-robot qui, placé derrière des volontaires (sans aucune pathologie), mimait leurs gestes en leur touchant le dos. Lorsque le
robot reproduisait leurs mouvements avec un léger décalage temporel, les sujets avaient l'impression d'avoir été effleurés par une tierce personne. La sensation que "quelqu'un" est
présent n'implique pas qu'il soit de chair et d'os. Lorsqu'il peine à organiser les informations qu'il reçoit, le cerveau se laisse facilement convaincre que nous sommes suivis par un être,
fut-il invisible. Une explication qui est loin d'être la seule, la hantise étant un phénomène complexe.
"la simple suggestion qu'un lieu est hanté augmente le nombre de vécus étranges, détaille Renaud Eward, psychologue clinicien à l'université de Lorraine. Et I'on connaît un biais
cognitif, I'apophénie, qui pousse à voir des coïncidences partout et peut mener à la mauvaise interprétation d'ombres ou de sons ambigus."
Ce chercheur, l'un des deux fondateurs du réseau Circee, qui regroupe des spécialistes des "expériences exceptionnelles", relève que la fatigue extrême, la consommation de psychotropes, la haute altitude ou l'isolement social semblent aussi favoriser la perception de présences fantomatiques.

Effectivement.
UN "DÉTECTEUR" SOUS INFLUENCE
Autres facteurs évoqués: un vécu difficile qui ressortirait ainsi de façon détournée... et l'environnement.
Plusieurs expériences de terrain ont en effet révélé des "fantômes" d'origine aussi naturelle qu'inattendue.
En 2000, Vic Tandy, de l'université de Coventry (Royaume-Uni), montrait notamment le rôle d'infrasons (inaudibles par I'homme) autour de la fréquence de 19 Hz dans le déclenchement de sensations "bizarres".
En 2003, RichardWiseman, de l'université britannique du Hertfordshire, constatait pour sa part I'effet des fluctuations du champ magnétique.

Effectivement aussi.
Enfin, cette année, Shane Rogers, de l'université Clarkson (Etats-Unis), a souligné la présence de champignons du genre Stachybotrys -pouvant provoquer, au moins chez la souris, des inflammations cérébrales, mais aussi un sentiment de peur et d'anxiété - dans les enceintes confinées que sont généralement les maisons "hantées". Notre "détecteur de présence" est, à l'évidence, étonnamment influençable...

Pas faux.
Cette partie de l'article me paraît plutôt vide d'argument pour appuyer son titre.
Lire dans les pensées
Une aptitude liée à une forme spéciale d'empathie

Ce chapitre de l'article me plait, parce qu'il admet la faculté, la considère comme normale, mais hélas ne l'explique pas contrairement à la prétention de l'auteure.
Certains en sont sûrs : ils communiquent d'esprit à esprit, lisent dans les pensées des autres...
Et, d'une certaine façon, nous savons tous nous passer du langage pour décoder les pensées d'autrui. Se comprendre à demi-mot, deviner les intentions de I'autre d'un simple regard : voilà des techniques que chacun maîtrise,

Faut pas exagérer non plus, utiliser un peu une capacité, et en plus inconsciemment n'est pas la maîtriser.
le plus souvent inconsciemment, et que la psychologie et la sociologie décryptent parfaitement.
Parfois, notamment chez deux Personnes très proches, cela peut d'ailleurs donner I'impression d'un lien quasi "surnaturel". Qui ne découle pourtant que de leur influence mutuelle : nourries aux mêmes sources, leurs idées émergent, souvent, au même moment, avec une ressemblance troublante... mais logique.
Mais qu'en est-il de ceux qui disent pouvoir deviner ce que pense un inconnu sans même le voir ou l'entendre - la véritable télépathie, celle que la fiction prête aux devins ou aux super-
héros ? Même s'ils sont nombreux à la revendiquer, il n'est touiours pas prouvé qu'elle soit possible.

Pas possible, mais tout de même constatée, c'est fort d'écrire cela.
Et ce n'est pas faute de chercher à mieux cerner ce "don" : depuis des décennies, en particulier au Royaume-Uni, des chercheurs en psychologie se penchent sur l'existence d'un "phénomène psi" âprement discuté.
Le protocole expérimental le plus connu est celui dit du "Ganzfeld". Deux personnes sont installées dans des pièces séparées. On demande à celle revendiquant le don (le "récepteur") de décrire les images (ou sons, textes...) présentées à une personne "non douée" (l"'émetteur").
Pour I'heure, Pas de quoi mettre fin à la controverse: les résultats sont statistiquement insuffisants pour évacuer le hasard comme explication de la faible partie des observations revendiquées
comme probantes. Alors à quoi tiennent les prouesses des soi-disant télépathes qui découvrent sans mal les mots ou les chiffres auxquels pensent les spectateurs lors de leurs prestations ?
Pour résoudre cette énigme, certains se sont tournés vers l'imagerie cérébrale. Se demandant si ce "talent" ne passait pas par un fonctionnement spécifique (mais non paranormal) du cerveau, l'équipe de Ganesan Venkatasubramanian, à I'Institut national des neurosciences indien, a scanné
le cerveau d'un mentaliste américain, Gerard Senehi, pendant qu'il tentait de reproduire un dessin masqué à sa vue.
UNE BONNE FACULTÉ D'OBSERVATION
Résultat: après une performance jugée "réussie", l'activité cérébrale du mentaliste, suivie par IRM, semblait particulièrement marquée dans le gyrus parahippocampique droit - une zone impliquée dans les émotions et les réseaux cérébraux de I'empathie.
Signe, pour le neuropsychiatre, que la télépathie - en tout cas celle revendiquée par le mentaliste - repose sur une capacité à se mettre à la place d'autrui. Et que Ia part empathique de
cette aptitude rendrait certains individus plus "doués" que d'autres.
La preuve ? Pas sûr, estime Thomas Rabeyron, psychologue clinicien à I'université de Nantes, qui pointe les difficultés d'interprétation inhérentes à ce genre d'étude. En l'occurrence,
I'activité cérébrale détectée a-t-elle vraiment un rapport avec ce qui était testé ?

Excellent questionnement. Pourquoi pas dans les autres chapitres ?
De plus, l'étude des chercheurs indiens se cantonne à un seul cas - et pour un type d'expérience qu'il est possible de truquer. A ce stade, donc, on est encore loin de pouvoir clamer
que le mystère est levé. Reste, pour expliquer la capacité à percer les pensées des autres, un large panel de biais et mécanismes cognitifs qui trompent naturellement notre cerveau, en particulier l'évocation de faux souvenirs, les oublis inconscients... et l'envie d'y croire. Des techniques permettent d'en jouer, parfois à notre insu. Une bonne faculté d'observation d'autrui, permettant d'anticiper et d'interpréter ses réactions comme de lui suggérer son comportement, peut sembler doter certains de capacités étonnantes.
Autrement dit, pas besoin de "don" pour sonder I'âme de son voisin : comme nous Ie démontrons dans nos interactions quotidiennes - et sachant que certains professionnels se projettent mieux que quiconque dans les habits des autres -, les ressorts de la télépathie se passent du surnaturel.

Tout dépend de ce qui est appelé surnaturel. Ressentir une personne à distance, sans la connaître préalablement, ne se passe pas d'explications spirituelles.
Voir ce qu'il y a après la mort
La manifestation d'un état de conscience altérée
Alors que la vie s'apprête à les quitter, certaines personnes ont I'impression de se détacher de leur corps. Au même instant leur apparaît un tunnel lumineux,
dans lequel leurs proches disparus leur recommandent de ne pas entrer...
Cette étrange expérience, dite de "mort imminente" (EMI), est bien ancrée dans l'imaginaire collectif.

Apparemment pas si imaginaire que ce que prétend cette phrase.
Parmi ceux finalement sauvés in extremis, nombreux en témoignent comme d'un aperçu de l'au-delà.
Sans surprise, les visions et sensations qui accompagnent ce moment où le corps hésite à la frontière entre la vie et la mort ont nourri mythes et légendes, suggérant une passerelle
possible entre ces deux états.
Pour les chercheurs, si passerelle il y a, c'est vers une meilleure compréhension du cerveau humain.

Toujours ce dieu cerveau.
Car pour eux, l'expérience de mort imminente n'est que la manifestation d'un fonctionnement cérébral inusuel, dit "état de conscience altérée".

...Quand d'autres chercheurs pensent que la conscience n'est pas dans le cerveau.
Et ils ont des théories pour chacun des aspects qui composent cette expérience.

Sauf concernant les témoignages des personnes qui en ont profité pour voir des choses qu'elles ne pouvaient qu'ignorer avec l'expérience. C'est beau cette capacité humaine à omettre ce qui dérange.
JUSQU'À 39 % DE SUJETS CONCERNÉS
Ainsi, derrière les tunnels lumineux et possibles hallucinations, les perturbations du système limbique (amygdale, hippocampe, etc.) et des cortex préfrontaux et temporaux se sont
imposées comme des responsables potentiels sérieux, étant donné I'implication de ces régions cérébrales dans la mémoire, les émotions ou le comportement.
Autres candidats possibles : les sécrétions de neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine...) et autres endorphines et opioïdes, chaotiques quand le corps livre son ultime bataille, ou
bien la modification des gaz sanguins (manque d'oxygène et/ou hausse du dioxyde de carbone).
Toutefois, la plupart de ces explications n'ont pas encore été prouvées expérimentalement.

Merci de l'avoir rappelé.
Si son origine biologique reste incertaine, d'autres travaux éclairent néanmoins la réalité incontestable de l'expérience - pour ceux qui la vivent...

Donc pas si imaginaire que prétendu plus haut .
Fin 2014, Sam Pamia, de l'université d'Etat de New York, à Stony Brook, a publié le plus large panel de témoignages recensés en milieu hospitalier. Le médecin, spécialiste reconnu
du domaine, a lui-même été surpris. Alors qu'on parle généralement de 10 à 20 % de personnes concernées par une EMI, il découvre que 39 % des patients interrogés décrivent une "sensation de conscience", mais sans toujours en conserver de "souvenir explicite". ll met également au jour le volet sombre de l'expérience : sentiment de peur, de persécution.. .
Pour les personnes qui sont "revenues", le ressenti est fort et bien réel. Plusieurs travaux, dont ceux menés en 2013 par la psychologue Marie Thonnard, à l'université de Liège'
concluent que "les souvenirs de cette expérience ne peuvent être vus comme ceux d'événements purement imaginaires. Au contraire,leur origine physiologique pourrait les amener à être
vraiment perçus, bien que non réellement vécus".
Ce qui est désormais certain, c'est que, même mourant, le cerveau est actif. Jimo Borligin, neurologue à l'université du Michigan, a récemment montré, chez le rat, qu'il peut rester
très actif dans les trente secondes qui suivent un arrêt cardiaque. Rendant ainsi plausible l'idée que les expériences de mort imminente peuvent avoir lieu juste avant ou juste après
cet épisode extrême... jusqu'à ce que le coeur reparte.
Sans compter qu'activité cérébrale indétectable ne veut pas dire absente.
Aussi Sam Pamia note-t-il dans sa dernière étude que dans certains cas, "La conscience semble subsister pendant une durée de trois minutes sans battement de coeur". L'hypothèse est audacieuse, et le médecin dit avoir besoin de plus de cas pour la confirmer.
Tous les spécialistes s'accordent en revanche sur un point : les sujets d'une expérience de mort imminente vivent bien quelque chose d'extraordinaire alors qu'ils sont aux portes de la mort.

L'année dernière, des chercheurs ont publié une étude admettant que la conscience survit bien plus que cela, faudra-t-il leur dire ?
Se sentir possédé par un esprit
Une activité cérébrale singulière évoquant un état méditatif

Assurément le chapitre qui m'apporte le plus, n'ayant jamais réussi à traiter totalement un cas de possession reconnu par la "victime".
Comment croire que "l'âme" d'un défunt puisse prendre possession de quelqu'un, jusqu'à parler par sa bouche ? C'est pourtant ce qu'assurent médiums "spirites", chamans, adeptes du vaudou... et, parfois, de simples individus.
Si ces cas de possession sont rarement avoués dans nos contrées, en Amérique ou en Asie, neurologues, anthropologues et psychologues les étudient depuis une trentaine d'années. Tous les sujets observés affirment être, volontairement ou non, sous I'emprise d'un autre esprit que le leur.

C'est un peu cela le problème, cette affirmation, cette volonté de convaincre du fait, que -sur le forum- les "victimes" ne veulent pas lâcher. Ce qui ne fait qu'augmenter la difficulté de traiter le cas, parce qu'aider l'âme errante qui les ennuie ne fait qu'ouvrir la porte à la suivante.
Et depuis Les années 2000, les chercheurs, tout en excluant la possibilité que des esprits traversent I'espace et le temps pour s'inviter dans le corps et les pensées de "possédés",
Curieuse exclusion. N'est-ce pas de la partialité ?
le reconnaissent : certains sont bel et bien dans un état mental hors du commun.
En 2002, une étude par électroencéphalographie (EEG) menée lors d'un rituel de possession balinais a montré que les sujets en transe présentaient une hausse inédite de I'intensité des
ondes cérébrales alpha et thêta - les premières étant usuellement associées à un état de conscience apaisé, les secondes à la somnolence ou à l'hypnose.
En 1990, I'EEG avait déjà montré une hausse de I'intensité des fréquences alpha, bêta (présentes en général en cas d'activité intense, de concentration) et thêta lors d'une séance de "channeling" (où le médium sert de "relais" entre son client et un esprit).
En 2012, des analyses par tomographie, menées lors de séances d'écriture automatique, ont détecté une activité particulièrement faible dans l'hippocampe gauche et certaines parties du
lobe frontal - des régions normalement activées par l'écriture ordinaire.
Et en 2013, des ondes gamma intenses et une activité élevée des régions frontales, rappelant certains états méditatifs, ont été mises en évidence chez des médiums.
Pour les spécialistes, le cerveau des "possédés" est donc bien le siège d'activités inhabituelles, du type de celles qui sous-tendent les états de méditation ou d'hypnose. Voilà qui pourrait
expliquer leurs sensations... à défaut d'être la trace de l'esprit d'un défunt !

Et bien prouvez-le donc, que ce n'est pas la trace de l'esprit d'un défunt...
Se souvenir de ses vies antérieures
Un dysfonctionnement de la mémoire renforcé par l'hypnose

Cette conclusion hâtive semble contredite à la fin de ce chapitre.
Ce sont des scènes d'autrefois, de vifs flash-backs sans rapport avec le passé de la personne à qui ils viennent à l'esprit. Ou bien des réflexes, ou des façons de, parler, qui s'écartent étrangement de son comportement usuel. Pour ceux qui les éprouvent. ces impressions troublantes sont autant de traces d'une vie vécue à une autre époque que la leur.
Mais pour les psychologues qui les étudient depuis plusieurs décennies, rien d'aussi mystérieux : dans l'immense majorité des cas, ces "réincarnés" se rappellent des souvenirs engendrés inconsciemment à la suite de séances d'hypnose. Ces dernières étant en vogue, le phénomène est répandu et connu. Ce qui ressemble à des scènes vécues par un autre dans un lointain
passé n'est en réalité qu'un agrégat de faux souvenirs - une brève enquête suffit à montrer qu'ils n'ont rien d'historique - produits en réponse à des suggestions involontaires du praticien.
Tous ceux qui pratiquent l'hypnose ne sont cependant pas sujets à de tels flash-backs. Et Ies "réincarnés", parfaitement sains d'esprit, ne souffrent d'aucun problème au niveau de l'encodage de l'information par le cerveau.
C'est au moment de se remémorer des événements passés que Ia confusion se crée. Ceux qui ont l'impression de se rappeler une vie antérieure sont en général plus créatifs que la moyenne,
et montrent une plus forte tendance à développer de faux souvenirs lors des séances d'hypnose.
CHEZ LES JEUNES ENFANTS AUSSI
L'hypnose n'explique cependant pas tout.

Ah.
Car la "réincarnation" ne touche pas que les adultes. Les psychologues rapportent de nombreux cas de récits, essentiellement d'enfants de 2 à 5 ans, relatant apparemment
des événements d'autres vies que la leur. Un phénomène distinct, pour les spécialistes, des récits imaginaires typiques de l'âge tendre, et qui disparaît de lui-même vers l'âge de 9 ans - les enfants cessent alors d'exprimer ces "souvenirs". D'où viennent-ils? Sous quelle influence s'installent-ils dans
la mémoire des petits ? Malgré des centaines de cas analysés, notamment dans les années 1960 par le psychiatre Ian Stevenson, de l'université de Virginie, le mystère reste entier.

.
Prédire l'avenir
Des capacités d'anticipation insoupçonnées du cerveau

C'est fort comme idée ...
Téléphoner à un ami au moment même où il allait appeler, se réveiller avec la désagréable impression qu'un proche ne va pas bien et apprendre qu'il est malade... Beaucoup ont déià connu cette sensation troublante d'anticiper I'avenir.
Faut-il remettre en cause les lois de la physique ?
Que viennent-elles faire là ???
Les psychologues invitent plutôt à interroger le mode de fonctionnement du cerveau. Car le plus souvent, ce qui ressemble à des aperçus du futur résulte en fait de mécanismes inconscients par lesquels il évalue la probabilité qu'existent des liens entre divers événements.

Il serait alors intéressant de connaître quel lien pourrait faire que vous vous réveillez avec l'idée qu'un proche que vous n'avez pas vu depuis longtemps va mal.
Et les prédictions qu'il en tire peuvent être trompeuses... L'"ordinateur cérébral" crée parfois, a postériori, un lien inexistant entre deux scènes, la plus récente venant "éclairer" la plus ancienne, qui prend alors des allures de flash de prescience.

Il arrive effectivement que notre esprit (et non notre cerveau qui n'est qu'une machine) ait ainsi des flashs de compréhension, mais je n'ai pas souvenir de l'avoir pris pour une prescience.
Cas typique : on pense à un ami et, justement, il téléphone... Comme si la pensée avait anticipé l'appel. En réalité, les deux événements coïncident, mais sans lien aucun - et avec une probabilité que cela arrive plus grande qu'on I'imagine, les probabilités subjectives étant souvent erronées.
Serait-il possible que nous ne sachions pas faire la différence entre l'appel fréquent d'un ami, et celui d'une personne qui ne nous a pas appelé depuis longtemps ?
Mais cette aptitude rend généralement un précieux service, car elle permet de se préparer le plus en amont possible à ce qui peut se passer : attentif à ce qui I'entoure et à ce qu'il connaît (Qu'est-ce qui entraîne quoi ? Qu'est-ce qui ressemble à quoi ?), en bonne machine à planifier, le cerveau peut ainsi réagir au quart de tour - et même avant : certaines actions motrices sont ainsi programmées plusieurs secondes avant qu'on en prenne conscience, comme I'a montré une expérience d'imagerie cérébrale menée en 2008 par I'équipe de |ohn-Dylan Haynes, à l'Institut Max-Planck, en Allemagne.

Les chercheurs ont constaté dans cette expérience, que les décisions apparaissent à l'image, dans notre cerveau, plusieurs secondes avant que nous n'en ayons conscience. Cela signifie-t-il que c'est le cerveau qui a pris la décision, ou tout de même notre esprit ?
UN "PREMIER SENS" INC0NSCIENT ?
Peut-être cette tendance du cerveau pourrait-elle aussi expliquer ies étonnants résultats d'expériences menées depuis la fin des années 1970 dans une douzaine de laboratoires. Elles
consistent à présenter des images violentes ou émotionnellement neutres à des volontaires, et à mesurer plusieurs paramètres physiologiques (rythme cardiaque, transpiration, etc.) avant,
pendant et après leur visionnage. Surprise : parfois, les mesures montrent la réaction... quelques secondes avant que l'image soit présentée. Comme si les sujets avaient deviné ce qu'ils allaient voir. A partir d'indices trop subtils pour que les expérimentateurs songent à les supprimer ? Par exemple, les variations des bruits du disque dur, hébergeant les images neutres et violentes dans des répertoires différents, auraient pu laisser deviner leur nature aux volontaires.
Ce serait "trop fort !"
Cela supposerait un talent auditif insoupçonné, d'autant que ce paramètre est bien surveillé. Le psychologue clinicien américain James Carpenter envisage, plus généralement, une forme de perception qu'il nomme "première vue", qui permettrait de percevoir des indices sur ce qui va arriver... Une pure théorie, dont il resterait à déterminer les mécanismes cognitifs. "Si les travaux actuels mettent en évidence ces anomalies concernant la 'perception' d'événements futurs, elles doivent encore être liées à des activités spécifiques du cerveau", note Thomas Rabeyron, maître de conférences en psychologie clinique à l'université de Nantes.
Julia Mossbridge, psychologue à l'université Northwestern, pointait pour sa part en 2012, à la suite d'une vaste analyse statistique de 26 études, que ces dernières montraient un effet clair, mais faible. Tout en concluant que "la cause de cette activité anticipatrice", qui est sans aucun doute à chercher du côté de processus physiques naturels, reste à déterminer".

Et si cela reste à déterminer, ce n'est donc pas décrypté par la science comme l'annonce le titre de l'article.
Voir et entendre des choses qui n'existent pas
Qui n'existent pas pour qui ?
Un défaut de reconnaissance de la voix intérieure ou des souvenirs
Hypothèse à parfois envisager.
Entendre des voix ou voir des fées, n'est plus, de nos jours, de très bon augure. Le Phénomène, connu depuis l'Antiquité, évoque davantage un symptôme de la schizophrénie que les oracles divins des anciens sanctuaires. Mais depuis une trentaine d'années, la psychiatrie revoit ses positions : dans la majorité des cas, les premiers concernés par ces hallucinations se révèlent en effet être des gens... parfaitement normaux.
Mais qui n'osent guère en parler, stress de l'expérience et stigmatisation toujours vivace n'aidant pas à se confier.
"Ce n'est que très récemment qu'on a commencé à considérer les hallucinations dans toute leur complexité et à les étudier, constate Renaud Jardri, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent
à la faculté de médecine de Lille. On se rend compte qu'elles peuvent être auditives - de loin les plus nombreuses -, visuelles, tactiles ou multisensorielles"
C'est ainsi que les décrit la plus large recension et étude dans ce domaine, menée sur 153 cas et publiée en mars par la prestigieuse revue The lancet.
UNE EXPÉRIENCE BIEN RÉELLE
Pour comprendre I'origine de cette expérience peu banale, l'imagerie cérébrale a été d'une aide considérable dès les années 1990. Plusieurs études (par tomographie, etc.) ont ainsi montré que I'aire de Broca (impliquée dans la production du langage), l'aire de Wernicke (impliquée dans sa perception et sa compréhension) et le cortex auditif s'activent lorsque des "voix" se font entendre, comme quand on écoute un vrai dialogue. Lors d'"apparitions", c'est le cortex visuel qui se trouve activé.
Quelle que soit leur nature, pour ceux qui les subissent, ces expériences sont donc bien réelles. A la différence de I'illusion, qui est la perception déformée d'objets réels, l'hallucination est définie comme une "perception sans objet".
D'où vient ce phénomène, qui, pour réel qu'il soit, n'en est pas moins déstabilisant ? Là encore, l'imagerie cérébrale a chassé le surnaturel et esquissé ou confirmé plusieurs explications. Le plus souvent, l'erreur ne vient pas de nos organes sensoriels, mais du cerveau lui-même, qui se trompe dans sa reconstitution du monde. "Les régions impliquées dans le rappel des souvenirs, comme I'hippocampe, peuvent être sollicitées lors d'hallucinations - qui seraient donc la réactivation de 'traces mnésiques', ou des souvenirs reconstruits venant activer le cortex auditif', détaille Renaud Jardri.
Une autre explication suggère une incapacité à déterminer si des paroles entendues viennent de nous. La mauvaise coordination des aires de Broca et de Wernicke peut avoir cet effet.
Tout comme une erreur du thalamus et du striatum ventral, qui intègrent les informations sensorielles et motrices et leur provenance : ils peuvent alors faire de notre voix intérieure, celle qui parle
en silence au fond de nous, une voix "externe" et audible que l'on ne reconnaît plus comme nôtre. D'ailleurs, les muscles de la parole, discrètement activés lorsqu'on lit et parle dans sa tête,
le sont aussi lorsque se manifestent ces voix "venues d'ailleurs".
Pour les spécialistes, reste à comprendre I'origine du phénomène' pourquoi la voix semble venir parfois de l'intérieur du crâne et parfois de I'extérieur, et comment elle peut accompagner d'autres hallucinations: visuelles, olfactives ou tactiles. Et, pour ceux qui les vivent, à s'y adapter...

Le chapitre se conclu encore sur le constat que tout reste à expliquer, contrairement à ce qu'annonçait le titre flatteur.
Sortir de son corps
La construction par le cerveau d'un modèle "décalé" du corps

Ah ? Et quand la personne découvre des choses à distance de son corps ?
Quoi de plus personnel que son propre corps? Et de plus déstabilisant que d'en "sortir"?
Et pourtant, les preuves sont là : ce sentiment paranormal - mais relativement courant, puisqu'il affecterait près de 10 % de la population, tous pays confondus - serait lié à une simple erreur de traitement au niveau de la jonction temporo-pariétale de notre cerveau, là où sont intégrées les informations envoyées par nos sens.
C'est ce que démontre, depuis 2005, Olaf Blanke, au Laboratoire de sciences cognitives de I'Ecole polytechnique de Lausanne. "Bien que de nombreuses autres aires cérébrales soient impliquées dans le traitement du soi, nos expériences suggèrent que cette zone joue un rôle clé dans la 'sortie de corps"', estime le neurologue.
Son activation anormale provoquerait la création d'une réplique virtuelle de soi "hors du corps", dans un environnement similaire, mais selon une perspective "décalée". "Cette expérience serait liée à un échec d'intégration de l'information proprioceptive (la perception de son corps par les muscles, les articulations...), tactile et visuelle du corps, détaille Olaf Blanke.
Avec pour conséquence possible le fait de se voir dans une position qui n'est pas celle que l'on ressent."
DES MÉCANISMES CÉRÉBRAUX CIBLÉS
Cette hypothèse récente donne enfin un ancrage biologique à un phénomène décrit dès 1886, mais qui a long souffert d'une image ésotérique, des "projections astrales" chères aux mouvements spirites du XIX's.
L'expression utilisée "a souffert" ne montre-elle pas la partialité de l'intervenant ?"
Le phénomène méritait pourtant qu'on s'y penche. A la suite des travaux de Charles Tart dans les années 1960, des centaines de cas furent étudiés, permettant de mieux cerner le phénomène et son origine - à savoir : certaines drogues psychédéliques, mais aussi une peur intense, un traumatisme ou une profonde relaxation (endormissement, hypnose).
Dans les années 1990, des dizaines d'études par électroencéphalogramme ont aussi scruté les ondes cérébrales, montrant des ondes alpha (celles de l'éveil calme) anormales lors du sommeil léger ainsi qu'un sommeil paradoxal perturbé, avec des ondes cérébrales thêta (celles de la relaxation profonde) absentes d'ordinaire.
La sortie de corps se manifeste donc dans un contexte précis, et affecte singulièrement certaines phases du sommeil. Ne manquait plus qu'à identifier les mécanismes cérébraux qui la provoquent : c'est chose faite.
Mouais .

http://www.science-et-vie.com/2015/07/au-sommaire-de-science-vie-n1175/
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24-04-2016 à 18:34:07
Critique d'un article de Science et Vie 1183, avril 2016 :
Stress, tonus, sommeil... les super-pouvoirs du ventre

Cela commence à se savoir : notre ventre est notre "deuxième cerveau". Mais au vrai : il est beaucoup plus que cela ! La science elle-même n'en revient pas de découvrir aujourd'hui les incroyables pouvoirs des bactéries qui composent notre microbiote intestinal : car en envoyant des signaux dans tout l'organisme, elles ont un impact aussi bien sur notre sommeil que sur notre stress, sur notre hérédité comme sur notre personnalité comme sur notre mémoire. Et même sur notre croissance ou notre vivacité d'esprit. En un mot : notre ventre gouverne nos existences. Une découverte fondamentale, qui ouvre d'ores et déjà la voie à une nouvelle médecine.
Par Elsa Abdoun, Avec Kheira Bettayeb, Florenza Gracci, Héloïse Rambert, dans l'édition 1183 de Science et Vie.


Voilà comment un journal de vulgarisation peut décréditer la science : écrire n'importe quoi pour faire du sensationnel. Et je suis un lecteur régulier de Science et Vie, pas une personne qui en ferait un rejet systématique.

1) Les super-pouvoirs... Notre ventre n'a aucun pouvoir, uniquement des fonctions.

2) La science elle-même n'en revient pas... Ce n'est pas la science qui n'en revient pas, ce sont les chercheurs et les bavards qui parlent de la recherche, qui n'en reviennent pas. La science, du latin "scienta" est -à l'origine- la connaissance exacte et raisonnée (Larousse littéraire édition 1979).
A l'origine, parce que la valeur de ce mot a déjà commencé à dériver vers 1200. Aujourd'hui, le mot "science" est collé à tout et n'importe quoi. Comment voulez-vous crédibiliser ce mot, s'il fait référence à tout et n'importe quoi ?

3) ...les incroyables pouvoirs des bactéries... Si ces bactéries vivent en symbiose avec nous, par définition elles n'ont aucun pouvoir, mais des fonctions. Sinon ce ne serait pas une symbiose.

4) ...car en envoyant des signaux... Ces bactéries n'envoient pas des signaux, elles transforment les matières que nous avons ingérées, et l'organisme s'en sert.

5) ...elles ont un impact aussi bien sur notre sommeil que sur notre stress, sur notre hérédité comme sur notre personnalité comme sur notre mémoire. Et même sur notre croissance ou notre vivacité d'esprit. Non. C'est sur des souris que ces études ont été réalisées, et pas sur des humains. Il ne faut donc pas transposer cela sur nous avant étude. L'absence de conditionnel me paraît introduire le doute quant à l'honnêteté des rédacteurs.

6) Une découverte fondamentale, qui ouvre d'ores et déjà la voie à une nouvelle médecine. Peut-être. A une nouvelle compréhension du rôle des microbes dans le fonctionnement de notre organisme, certainement.


A aucun moment l'article, qui s'étale tout de même sur 17 pages, plus 2 pour le titre (si-si), et qui est intéressant pour les informations qu'il apporte - mais pas pour ses commentaires, ne rappelle que si notre microbiote nous est très personnel, c'est qu'il s'adapte à notre personnalité par de nombreux mécanismes, qui comprennent les actions de nos émotions sur notre ventre !

Il faut donc garder l'esprit critique, comme toujours.